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le petit chipiron rouge. Blog d'humeursproposé àtous ceux qui se reconnaissent dans l'humain d'abord

La malédiction du gaz de schiste

 

 La malédiction du gaz de schiste, Arte, 29/01/13, à 20h50

De la Pologne à la Pennsylvanie, Lech Kowalski met à jour le fossé entre le discours des industriels et la réalité de l’exploitation du gaz de schiste. Un film coup de poing.
Zamosc, en Pologne orientale : au hasard d’un tournage dans cette région rurale, Lech Kowalski rencontre en 2009 des paysans sur les terres desquels de grandes firmes américaines ont commencé à prospecter pour extraire du gaz de schiste. Fissures dans les murs des fermes, pollution des eaux, bulldozers investissant des champs à quelques dizaines de mètres des habitations… Les villageois sont inquiets. Or cette situation locale n’a rien d’anecdotique et témoigne d’un phénomène qui menace aujourd’hui toute la planète. Bradford County, aux États-Unis, est au gaz de schiste ce que l’Arabie Saoudite est au pétrole. Mais on est loin de l’image idyllique d’une "énergie non conventionnelle" propre et d’exploitation aisée que veulent donner les industriels. Dans ce petit comté du nord-est des États-Unis, le réalisateur filme des paysages dévastés et l’épuisement physique et psychologique des habitants...
Combat inégal

Cinéaste underground, passionné par les groupes à la marge (les SDF dans Rock soup, les punks dans Born to lose) et les grandes tragédies de l’histoire européenne (Hitler’s highway), Lech Kowalski s’aventure ici dans les profondeurs de la campagne polonaise. Il dépeint le combat inégal de petites gens victimes de contrats léonins, pour la sauvegarde de leurs villages, de leurs maisons, de leurs exploitations agricoles, de leur eau et de leur santé – et qui remportent quelques victoires inattendues. L’enjeu est de taille : la Pologne voit dans cette énergie nouvelle une promesse d’indépendance vis-à-vis du gaz russe. Ce documentaire constitue une mine d’informations sur les pratiques des compagnies de forage et sur les conséquences de cette exploitation sur la vie quotidienne des Européens.
Suivi à 22.05 d'un débat animé par Émilie Aubry, avec la participation notamment de José Bové.

> Live-vidéo chat sur arte.tv
> Le documentaire Gasland de Josh Fox dans est disponible en DVD chez ARTE Éditions.
<http://arte-magazine.arte.tv/program/29460_d6/LA_MALeDICTION_DU_GAZ_DE_SCHISTE>

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Sur le même sujet
> La malédiction du gaz de schiste, Cgurable.info, 04/01/12
David Naulin
Ses immenses réserves présumées font rêver industriels et gouvernants. Mais sur les sites d’exploitation, les ravages de la fracturation hydraulique suscitent la colère des riverains. Jusqu’où ira la folie du gaz de schiste ? De la Pologne à la Pennsylvanie, une enquête coup de poing de Lech Kowalski sur un phénomène qui bouleverse les équilibres énergétiques et écologiques mondiaux. A découvrir sur Arte le 29 janvier prochain...
>> Lire la suite
<http://www.cdurable.info/La-malediction-du-gaz-de-schiste-Documentaire-Arte.html>

et ce n'est pas tout :

Gaz de schiste : des fuites de méthane plus importantes que prévu,
 

LeMonde.fr, maj le 05/01/13, 08h22
Audrey Garric

Quel est le véritable impact pour le climat de l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste ? Le débat est relancé avec la parution d'une nouvelle étude alarmante quant à l'importance des fuites de méthane autour des puits. Des résultats qui interrogent de nouveau le bilan climatique de ces hydrocarbures non conventionnels qui sont en train de transformer le paysage énergétique américain et mondial.
> Lire : Gaz de schiste : un engouement mondial, mais beaucoup de doutes
Des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l'université du Colorado ont mesuré, grâce à des équipements au sol ainsi qu'un aéronef, les concentrations de différents polluants dans l'atmosphère, aux abords des puits des champs gaziers et pétroliers du bassin d'Uintah (Utah), raconte la revue britannique Nature, dans son édition du mercredi 3 janvier. Ils ont ensuite déduit, à partir de modèles atmosphériques et des données de rejets des industries, la quantité d'émissions de ces puits.
9 % de fuites
Selon les résultats préliminaires, présentés en décembre 2012 lors du colloque annuel de l'Union géophysique américaine (AGU) à San Francisco, les puits de gaz de schiste laisseraient fuir 9 % de méthane (CH4), l'un des principaux composants du gaz naturel, pendant leur durée d'exploitation.
Des chiffres très supérieurs à la valeur retenue par l'Agence américaine de l'environnement (EPA), qui parlait de 2,4 % pour l'année 2009. "Nous nous attendions à obtenir des niveaux élevés de méthane, mais pas de cette ampleur", a admis Colm Sweeney, qui a dirigé la composante aérienne de l'étude.
En cause : les fluides utilisés pour fracturer la roche entraînent avec eux, lorsqu'ils sont pompés pour être ramenés vers la surface, des bulles de gaz naturel qui vont se disperser dans l'atmosphère. La remontée du gaz à l'ouverture du puits se traduit en outre pendant quelque temps par une fuite supplémentaire de méthane. Enfin, les gazoducs ne s'avèrent pas totalement étanches.

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Un bilan climatique supérieur au charbon
De quoi remettre en cause l'un des arguments forts en faveur du gaz de schiste, à savoir son impact climatique réputé plus faible que celui du charbon – sa combustion dans les centrales électriques génère presque deux fois moins d'émissions de dioxyde de carbone (CO2), principale cause du réchauffement climatique. En rejettant du méthane, qui possède un coefficient de réchauffement 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique, la production de gaz de schiste par fracturation hydraulique pourrait avoir un bilan en gaz à effet de serre équivalent, voire supérieur, à celui du charbon.
> Lire : L'exploitation du gaz de schiste serait aussi nocive pour le climat que le charbon (édition abonnés)
Dans un article publié en avril 2012 dans les Annales de l'académie des sciences américaine (PNAS), des scientifiques de l'université de Princeton et de l'Environmental Defense Fund (EDF) de Boston indiquaient ainsi que le remplacement du charbon par le schiste était profitable au climat jusqu'à un taux de fuite de 3,2 %. Au-delà, l'empreinte carbone du système énergétique s'alourdit.
Débat entre les scientifiques
Reste à savoir si les résultats obtenus par la NOAA et l'université du Colorado sont représentatifs de l'ensemble de la production de gaz de schiste des Etats-Unis. "Ces données constituent un petit aperçu d'un puzzle beaucoup plus large que la communauté scientifique est en train d'assembler", estime Steven Hambourg, chef de l'équipe scientifique de l'EDF.
En février 2012, une étude de la chercheuse de la NOAA Gabrielle Pétron, publiée dans le Journal of Geophysical Research et portant sur des puits de la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, suggérait qu'entre 2 % et 8 % du gaz de schiste extrait sont relâchés dans l'atmosphère – avec 4 % comme valeur la plus probable, soit un taux deux fois plus important qu'indiqué par l'industrie. L'année d'avant, en mars 2011, le biogéochimiste Robert Howarth, chercheur à l'université Cornell (Etat de New York), estimait dans Climatic Change que 3,6 % à 7,9 % du gaz de schiste produit aux Etats-Unis s'échappaient dans l'atmosphère.
> Lire : Faut-il avoir peur du gaz de schiste ?
Ces travaux ont toutefois été critiqués. Dans un commentaire publié par Climatic Change, Lawrence Cathles, professeur à Cornell et ancien chercheur pour le pétrolier américain Chevron, assurait que les calculs de Robert Howarth étaient erronés et qu'ils s'appuyaient sur des hypothèses trop pessimistes. De la même façon, Michael Levi, analyste de l'énergie au Council on Foreign Relations à New York, a aussi publié un commentaire revu par les pairs mettant en cause la composition du gaz naturel ventilé prise comme hypothèse par l'équipe de Gabrielle Pétron.
D'autres études devraient être publiées cette année. La NOAA, l'université du Texas à Austin et l'EDF mènent en effet, avec des partenaires industriels, une évaluation globale des émissions de méthane tout au long du cycle de vie du gaz – forage, acheminement et traitement – à l'échelle du territoire américain. Le débat scientifique est donc loin d'être clos.
<
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/04/gaz-de-schiste-des-fuites-de-methane-plus-importantes-que-prevu_1812943_3244.html>

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