• la rage qui nous anime

     

    rage qui nous anime

    Tiré du blog l'art et la manière :

    Ah ça faisait longtemps, c’est reparti, la politesse bourgeoise vient encore s’indigner frontalement contre ceux qui osent un peu lever le ton et botter des fesses. Des « outrances », des « injures », des « éructations » même : comme si nous étions de vulgaires animaux lâchés en plein Fouquet’s. Allons manger avec les doigts, boire au goulot et lécher nos assiettes. Puisque les claques sont interdites, faisons de nos mots les coups de fouet que certains méritent depuis longtemps.

    rage 1

    Évidemment, c’est une longue mer de nuages tranquilles dans laquelle vogue les socialistes, un petit coup de vent fait donc office de bourrasque. Sauf que l’ouragan qu’on leur prépare, il ne vient pas de rien, et ça va faire très mal.

    Un rejet épidermique

    Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, la politique, c’est une affaire de tripes. Ah ce n’est pas que ça n’a rien de cérébral, je suis pas un génie mais je fais mon possible. Non… la politique c’est une affaire d’indignation, d’une force qui vous prend au ventre et vous donne envie de vous battre. Ce n’est pas l’analyse statistique des inégalités qui me pousse à me lever le matin. Ce n’est pas le calcul stratégique de mon investissement pour un foutu fauteuil ou pour montrer gratuitement l’étendard nombriliste de mon parti à la face monde. C’est une rage bien plus puissante, et un espoir qui me booste comme de l’adrénaline en intraveineuse.

    C’est ma cocaïne quotidienne qui m’aide à vivre tous les jours. C’est le café du matin autant que le Jack Da du soir. L’indignation c’est l’essence de mon moteur et l’azur de mon océan d’énergie. Car la société dans laquelle nous vivons est insupportable. Elle me dégoûte, me débecte, me fout la gerbe comme la pire des maladies. C’est un rejet physique comme un corps étranger à expulser, épidermique comme la plus virulente des allergies. Elle concentre l’opulence et la richesse dans une poignée d’individus qui se gavent à trois fois le plein. Elle organise la généralisation de la misère, la traite de millions d’êtres-humains, le viol de millions de femmes, des violences contre 1 milliard d’entre-elles.

    rage 2

    Elle l’organise, mais pas toute seule. Fini le tripe des malheurs désincarnés, les responsables ont des noms et des adresses. Chaque minute qu’ils passent sans harcèlement est un crachat à la gueule du monde entier. Ils se gavent sur la misère, détruisent méticuleusement notre système social et rongent notre république de l’intérieur. Et nous devrions rester calmes, à contempler le désastre ?

     

    Le gouffre tranquille

    Qu’elles aillent se faire foutre, ces belles personnes pleines de politesse, de mots compliqués qui noient le poisson. J’emmerde leurs airs supérieurs quand ils me disent avec placidité de me calmer. Ah c’est facile, pour eux tout baigne dans leur  fauteuil de cuir et leurs pantoufles. Ils pensent au rythme de leurs mandats, dans la gestion quotidienne des morceaux à ramasser devant l’édifice qui se casse la gueule. Ils pavanent avec leur sourire idiot, leur fausse joie coupable alors que nous avançons tranquillement dans le gouffre. Ce ravin du fascisme qui boit comme un vampire toute la haine que les peuples intériorisent.

    Elles sont belles ces pourritures, celles qui font les révolutionnaires de salon, les insurgés des canapés, qui votent l’interdiction des licenciements boursiers, manifestent contre les retraites puis poignardent les salariés une fois au pouvoir. Dans leur beau monde bien lissé la révolte se fait la bouche en cul-de-poule, dans les tactiques politicardes à 15 bandes, les stratégies nombrilistes et la confiscation du pouvoir.

    Je pisse sur les connards de la belle société, ces ultra-riches qui s’offusquent de leur pouvoir d’achat, ces patrons et actionnaires qui menacent le peuple français s’il a le malheur de lever la tête. C’est eux le pire crime contre l’humanité, c’est eux qu’il faut foutre au bagne au lieu de répandre votre fiel en osant accuser Mélenchon d’antisémite. Quel naufrage idéologique, quelle honte devant ces résistants au fascisme que vous encensez à leur mort en combattant leurs idées.

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    Pourritures

    Hypocrites et menteurs, godillots du patronat qui allez parader avec le MEDEF et vous faites siffler par la CGT. Vous agissez comme nos pires ennemis politiques, saccagez les constructions collectives et abattez l’enclume de la répression contre les salariés. Honte à vous qui démantelez à coup de force les camps de Roms, encouragez les haines organisées et expulsez les sans-papiers par dizaines de milliers.

    Il est revenu le temps des rafles, le temps des tyrans intouchables et cumulards. Ceux qui vous promettent le jardin d’Eden et vous jettent sur le bitume. Ça sent les promesses fumeuses, celles des noms de magnifiques arbres pour appeler les forêts de tours grises et crasseuses. Celle des « sacrifices » des « emplois » truc ou « emploi » machin, qui cachent la fuite accélérée de nos droits.

    Elle est omniprésente cette propagande abjecte qui explique qu’il faut baisser les yeux, se remettre au travail et se taire. Nous sommes les bagnards de la guerre de classes, ceux qui n’en font jamais assez, qui sont méprisés pour leur travail, culpabilisés une fois jetés à la rue et pointés du doigt quand ils osent venir d’un autre pays.

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    Comment ne pas parler avec  force ? Comment ne pas frapper avec nos mots cette belle société et son chemin tout tracé ? Nous nous faisons des ennemis ? Tant mieux ! Nous en avons et nous les combattons, mais au moins nous frappons sans cesse, sans louvoyer, sans se cacher, et en tenant ce drapeau qui ébranlera les idées dominantes en faisant réfléchir sur ce qui, jusque-là, allait de soi…

     Romain JAMMES